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lundi 23 octobre 2017

The Square - critique - *****

“The Square” est un film de Ruben Ostlünd, palme d’or à Cannes en 2017.

C’est aussi une installation éponyme qu’avait conçu le réalisateur et plasticien dans quatre musées suédois en 2015 : soit tracer un carré au sol et demander au visiteur d’y déposer leur portefeuille puisque dans le carré tout est moral. "Pouvez-vous alors avoir confiance dans vos voisins ?" s’amuse à questionner le film de 2017, en une comédie sociale satirique qui fait le portrait d’une société suédoise et européenne de la transparence bien-pensante.

Passé au rayon X, le directeur du musée X-Royal Museum, (joué par un Claes Bang plus-que- parfait), est un Mastroianni luthérien au regard doux et amorphe. Il est un de ces curés d’Art, que nous connaissons tous : costume gris anthracite de laine vierge, coupe anglaise cintrée mais demi-mesure, poches en biais et petite poche ticket à la veste trois boutons, chemise blanche, pantalon à une pince avec sides adjusteurs et braguette à boutons. Attentif et distant, indifférent au monde jusqu’à ce qu’on lui vole son portefeuille, son portable et les boutons de manchettes en or de son grand-père qu’il porte avec une élégance distante et parfumée. Il dirige son musée (un white-cube évidemment) d’une main ferme mais de velours, la voix douce; toujours à l’écoute il est compréhensif avec tous, organisant dîner pour les collectionneurs-donateurs et les amis du musée pour récolter des fonds. Oubliant au réveil, les détails d’une partie fine dans les salons XVIIIe siècle du musée royal, alcoolisé et sous acide, ruisselant de sueurs et d’une sexualité à l’odeur animale (formidable Elisabeth Moss, cinglante et hilarante). 




Sur la place devant le musée, le cartel du carré annonce :

« Le Carré est un sanctuaire de confiance et de bienveillance.
En son sein, nous avons tous les mêmes droits et les mêmes devoirs. »

Formule qui laisse de marbre les deux jeunes créatifs dynamiques de l’agence chargée de la com’ du musée qui décident d’utiliser les réseaux sociaux avec une vidéo provocante et performative pour lancer l’exposition de l’artiste “sociologique” Lola Arias auteur du carré magique, "in-bittable" à leurs yeux pour la presse et les journalistes. Si dans le carré blanc “tout est bienveillance” et sans odeur, à l’extérieur du carré, c’est pavé de vengeance, de violence, de rapports de forces, d’hypocrisie, de coups bas entre artistes jaloux, entre femmes et hommes et de la pauvreté repoussante d’immigrés d’Europe centrale dont un petit macho déterminé vient réclamer son dû. Il vient semer le chaos, créant un maëlström dont notre veule conservateur ne sortira pas grandi. Tout part à vau-l’eau dans cette version "upgradée" de la Dolce Vita de Fellini. L’art contemporain y est décrit sans acrimonie, en toile de fond avec ses ridicules et ses situations gênantes ou cocasses (les discours abscons, convenus et policés interrompus par un spectateur atteint du syndrôme de la Tourette, le menu du dîner donné par le chef du Musée, le happening dégénérant en viol et violence), mais ce n’est ni Intouchables, ni Musée Haut/Musée Bas, ici la satire est ajustée.  L’art y est sans odeur (il sent un peu le désinfectant), clean, nettoyé tous les jours, néons et assemblages instables de sièges, de sons réverbérés et indistincts, de tas de graviers qui évoquent autant Bernar Venet ou Rebecca Horn que n +1 expositions que nous avons tous traversés le regard morne et distant comme les visiteurs du Musée X-Royal. On s'amuse même à reconnaître ici et là quelques célèbres commissaires d'exposition français. L’art contemporain présenté par les musées, porté par des femmes et des hommes de bonne volonté,  y apparaît pour ce qu'il est pour beaucoup de gens aujourd'hui : un discours de castes. Celui des petits-enfants des hommes portant des boutons de manchettes en or et des femmes portant les collets montés de la fin du XIXe siècle.
Admirablement mis en scène, The Square, est un portrait terrifiant et comique de notre temps à voir pour tous ceux qui aiment l'art et s'interrogent sur l'état de notre société.

Erik Levesque

Ruben Ostlund est également professeur de cinéma à l'Université de Göteborg.

samedi 21 octobre 2017

#52 - Cinétique

#52 - Cinétique















David APIKIAN
Maria ARVELAIZ GORDON
Françoise AUBRY
Milija BELIC
Joël BESSE
Charles BÉZIE
Francesc BORDAS
Jean-Luc BRUCKERT
Natacha CALAND
DELNAU
Aleksander DRAKULIC
Pascal FANCONY
Ingrid HORNEF
Gerhard HOTTER
Viktor HULIK
Yumiko KIMURA
Philippe RIPS
Jun SATO
SAXON
Go SEGAWA
Roger VILDER


cinétique



Vernissage mercredi 25 octobre de 18h à 21h

Exposition du 26 octobre au 4 novembre 2017

ouvert du mercredi au samedi de 14h à 19h



5 rue des Immeubles-Industriels

75011 PARIS

vendredi 20 octobre 2017

A la FIAC, les prémisses des RN ou ses prémices...

Les ancêtres sont à la FIAC et les jeunes aux Réalités Nouvelles au Parc Floral de Paris Vincennes jusqu'au 22/10.

jeudi 19 octobre 2017

Les prix des RN 2017


Prix de la critique du Salon
Réalités Nouvelles 2017


Chaque année, un jury de critiques d’art visite le salon en avant-première et récompense le travail d’un artiste. Ce prix consiste pour la presse en un article ou une parution pour l’artiste primé, et pour la maison Marin en une dotation constituée de matériel pour artistes.


Prix Marin - Romain Jaccoud
Sans titre – 2017
Acrylique et sérigraphie sur toile 54x49 cm

prix Art Absolument - Antonius DRIESSENS 

Cube décalé – 2017 
Assemblage bois vieilli et bois brûlé 150x66x40 

prix Art Absolument - Kim Seon-Ja
Corner – 2014
Acrylique sur calque polyester 106 x 96 





Prix Galerie & Musée - Irene Rodrigues
Tissage – 2014

Papier journal découpé et assemblé au sol 7x140x220
Pris Arts Hebdo Médias- Laurent Verrier
… And the Night Came… – 2017
Acier 80x60x150

Go Segawa
Dessin/volume : Rouge dégradé – 2017
Encre aquarelle, vernis et PVC 25x25x25




Pris News Art Today TV -Jenny Hollocou
Paysages [détail] – 2017
Bois divers et miroir 50x150x50



Pris Artension - Vincent de Monpezat
Tétrapodes cinétiques – 2016
Résine, mousse PU, film PVC verni 90x90x120    

Prix Lacritique.org - Catherine Aznar
Photomatière NY12 2/10 – 2016

Impression directe sur aluminium 180x110


Monde de l'Art (suite)

Artistes plasticiens : toute œuvre mérite-t-elle salaire ?


en réécoute sur France Culture 
Du Grain à Moudre
par Hervé Gardette


avec 

Nathalie Heinich 
sociologue, spécialiste de l'art, directrice de recherche au CNRS, 
Lauréate du Prix Pétrarque de l'essai 2017

Grégory Jérôme

anthropologue, responsable du service de formation continue de la Haute École des Arts du Rhin, et membre fondateur du collectif Économie Solidaire de l'Art

Caroline Schirman

juriste spécialisée en droit de la propriété intellectuelle, ancienne galeriste

Marion Verboom

artiste plasticienne-sculptrice

1ère diffusion de 18/10/2017 sur France Culture.fr


Pour lire : 
"Faut-il payer les artistes?", Le Courrier, par Emmanuelle Fournier-Lorentz, 25/08/17
"Hausse de la CSG : réduire les artistes-auteurs au silence et à la misère ?", ActuaLitté, 10/10/17


Changement de ton et de LA

La communication autour de la FIAC semble cette année être assez critique, ou pour le moins interrogative. Nous avons remarquer des "éléments de langage" qui reviennent d'un intervenant l'autre, d'une radio, d'un journal, d'une TV l'autre. "Il ne faut pas se plaindre (...), Paris a de beaux restes, (...) Paris a le plus grand nombre d'expositions (...) etc...","il y a tellement de bons artistes que nombre d'entre eux ne sont pas représentés...", autre élément de langage : "le but de la FIAC est de placer Paris sur la carte de l'art contemporain pendant une semaine et non pas de vendre". Actant de fait la disparition de Paris en tant que place internationale avec moins de 4% du marché pour l'un des commentateurs à moins de 1% pour l'autre suivant les catégories observées." art contemporain les français en seconde division" peut-on lire ici et là, les plus sévères déconseillent absolument l'achat d'œuvres d'art comme placement.. Dans l'ensemble pas ou peu de critiques sur ce que contenait la FIAC, quelques unes élogieuses tournées vers le patrimoine moderne, d'autres plus circonspectes en soulignent le manque de sens. 

L'ensemble des commentateurs notant un brin fataliste que 95% des œuvres vendus en France valaient moins de 5000 euros, que les artistes plasticiens sont au RSA et que le marché de l'art mondial, c'est un club de stars : " 11 artistes et 150 milliardaires" qui s'amusent à gagner à tous les coups à la loterie et à la roulette puisque les casinos leurs appartiennent.

La communication de la FIAC est confiée à la société basée à Londres Brunswick Arts, qui gère la communication de la Foire Asia Now, de la Fondation Pierre Bergé Yves St Laurent, de la Fondation Vuitton de la Fondation Carmignac, de la National Gallery Londres,  de Dubai Culture et du Louvre Abou Dhabi entre autres...






mercredi 18 octobre 2017

Monde de l'Art - Mode d'emploi

Il y a des nouvelles quelques fois qui disent tout haut ce que tout le monde sait tout bas, c'est à dire que le conservateur de musée fait acheter par son musée les œuvres de(s) l'artiste (s) qu'il défend à travers la galerie amie de longue date dont le dit conservateur a peut-être même des parts. Autrement dit, il y a des liens de connivences, familiaux, incestueux, oligarchiques, ploutocrates ou mafieux suivant la lecture que l'on veut se donner des différents acteurs Musée/Artiste/Galerie.  La conservatrice réputée du Stedelijk Muséum d'Amsterdam Beatrix Ruf (figure du top 10 des hit-parades du monde de l'art), vient de se faire gauler et donc  démissionne suite à l'enquête du journal néerlandais NRC Handelsblad (enquête reprise par Artnet en anglais), qui a montré les liens et les conflits d'intérêts entre la conservatrice et les donations/donateurs du musée. Dans le cadre d'une donation au Musée de 600 oeuvres dont des peintures et installations du peintre allemand Martin Kippenberger (1953-1997),  le collectionneur-donateur devait recevoir 1,5 million d'euros en contrepartie de sa donation, qui plus est assortie de clause de pénalités à hauteur de 250000 E si le catalogue n'était pas fait dans les temps et le rez-de-chaussée du Musée pas attribué à la présentation de la collection pour 4 mois. Il apparaît aussi que la conservatrice avait une société à Zurich (Suisse) de conseil en achat d'œuvres d'art, non déclaré en Hollande et qui est bénéficiaire. Et que deux des membres du Conseil d'administration du musée ont fait exposer leurs propres collections au sein du Musée... CQFD.

Dans quelques temps la critique du film " The Square",  palme d'or au festival de Cannes,  de Ruben Östlund, qui se moque de l'Art Contemporain, de ses musées et de ses conservateurs qui ont la Carte,  bancaire... 






dimanche 15 octobre 2017

Entrée gratuite pour RN dans le Parc Floral !

Attention ! Munissez-vous d'une impression du carton d'invitation pour le salon des Réalités Nouvelles. L'accès en est libre et gratuit. Mais le parc floral de Paris-Vincennes est devenu lui payant (!?!) avec ce carton, les vigiles doivent vous laisser passer librement sans problème dans le cadre du plan Vigipirate. Merci de votre compréhension.