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lundi 24 octobre 2011

22 Figures, Carlos Cruz-Diez et la sélection des Réalités Nouvelles…

On le sait au salon des Réalités Nouvelles, il faut faire un petit format 1 F sur des sujets que le comité choisit avec plus ou moins de bonheur, chacun répond à l’injonction aussi avec plus ou moins de bonheur…  La galerie 53 reprend littéralement l’idée et présente une sélection de petits formats des anciens, de nos vieux des Réalités Nouvelles, c’est-à-dire de ceux des années 50 et 60 qui constituaient ce qu’on appelait alors l’école de Paris. Retour donc sur l’école de Paris version Réalités Nouvelles, cet ensemble de peintres venus de toutes les communautés d’Europe Centrale et d’ailleurs … vivrent et respirer à Paris ensemble !
JEANNE COPPEL courtesy Gelerie 53


On y retrouve Josef Sima, Jeanne Coppel qui était la secrétaire des RN dans les années 50 et 60,  Hans Jaenisch, Tal Coat, Olivier Debré, Georges Mathieu, Joe Downing, Dumitriesco, Istrati, Kito, Jacques Germain, Arpad Szenes, Karsakaya ou Jacqueline Pavlowsky dont les petits tableaux sont autant de concentrés, d’esprits de ces grands peintres.
TAL COAT  courtesy Galerie 53
Le benjamin de l’exposition est Ahmed Cherkaoui (1934-1967) né dans un village berbère au pied du moyen Atlas. Cherkaoui est considéré comme le fondateur de la peinture contemporaine marocaine.
 Mort à 33 ans d’une péritonite, ses œuvres sont rares, ses œuvres sur toile
encore plus. Son tableau carré intitulé « Vierge » sur une toile épaisse est inspiré des couleurs du Maroc quand l’aube épanouie exhibe des trésors satinés … aux quels répondent en écho les bleus et les gris des tableaux de Ivan Levesque accrochés à côté.
CHERKAOUI courtesy Galerie 53
JOSEF SIMA  courtesy Galerie 53
 Il est à noter que toutes les œuvres présentées sont issues de collections privées
ou des ateliers des artistes, hormis celles d’Istrati et Dumitriesco qui proviennent de la dispersion de leur atelier en vente publique.  Petits formats et œuvres de grands peintres, 
voilà ce qu’expose à partir du 20 octobre jusqu'au 19 Novembre 2011 la Galerie 53, 53 rue de Seine, 75006 Paris, sous le titre de "22 petites Merveilles"un complément donc indispensable aux petits formats que vous avez ou que vous ne manquerez pas d’acheter au Salon 2012 !


Carlos Cruz-Diez
A Madrid, Carlos Cruz-Diez (RN 73) continue de travailler à 88 ans. Il exposait à la Foire Estampa de Madrid des œuvres à tirages limités, heureux que son travail soit aujourd’hui qualifier d’interactif et de participatif et que les jeunes le comprennent si bien ! Pour ce pilier des RN, l’art a une fonction didactique en particulier sur la couleur dans un monde envahit d’images numériques. Il dit vouloir par ses multiples réveiller les perceptions endormies. Recherchant la structure systématique d’une manière mathématique et programmable, Carlos Cruz-Diez veut créer un nouveau discours sur la couleur qui créera une réalité nouvelle qu’il oppose au monde numérique !



Le vendredi 21 Octobre 2011 a eu lieu, la réunion de sélection du comité des Réalités Nouvelles où 4 commissions se sont réunies : Dessin, Peinture, Géométrique, Sculpture … 




Jean-Pierre Bertozzi et Chantal Matthieu découvrent les dossiers
Ici sur la table de la commission Peinture, 400 dossiers environ de candidatures, dont au final une cinquantaine de candidats seront retenus… Les choix s’établissent sur des critères objectifs tels que l’écriture individuelle, les couleurs singulières, les formes particulières, les patterns inattendus qui retiennent l’attention ; les dossiers figuratifs (il y en a !) sont mis de côté.

Le travail du comité est de sélectionner et d’intégrer de nouvelles personnalités au Salon ; il faut choisir des dossiers en maintenant l’identité du Salon RN tout en sachant la faire évoluer. L’identité du Salon des RN  c’est d’être le lieu de rencontre d’une communauté tournée vers l’abstraction qui vient se ressourcer, se confronter, se scandaliser (voire de s’engueuler où se pâmer devant ses pairs) et se confronter à l’histoire du Salon mais aussi et surtout de voir de la Peinture !

Le rôle d’un salon comme le notre est bien présenter des artistes, mais en sachant que l’art est d’abord dans la solitude des ateliers entre l’artiste et l’œuvre. Le salon est lui un des éléments de la chaîne de la filière des Arts Plastiques, atelier, salon, foires, galeries de 1er ou 2nd marché, musées, ventes publiques.
Mohammed Aksouh et Christophe Cusson au travail
Mais au cœur du salon se joue la détermination de la relation pour chacun d’entre nous, entre l’ordre social du marché et son terme le Musée (son cimetière) face à l’expression vivante de la liberté individuelle. Le Salon des Réalités Nouvelles est un lieu, un réseau non-commercial. Contrairement à la FIAC, par exemple, assimilée par Jean-Max Koskievic dans un article économique des Echos a un lieu de revente de « tacots », c’est-à-dire de voitures d’occasion avec des vices cachés ! 
Le Salon des Réalités Nouvelles lui va permettre à chaque peintre, à chaque artiste qu’il soit amateur ou professionnel de vivre une confrontation de qualité pour une réflexion plus profonde sur son travail et la place qu’il entend occuper dans notre société de flux tendus... en l’interrogeant sur son identité : peut-il ? veut-il être autre chose qu’une Marque ?

En attendant les sélectionnés vont intégrer avec le salon, notre base de données que collectionneurs et artistes pourront consulter, véritable index d’un salon en réseau. L’impression que l’on retire d’une telle journée est celle d’une plongée dans la sensibilité d’une époque, dans les rêves perdus où l’excellence des dossiers rivalisent d’invention et de générosité dans un grand sentiment d’homogénéité.
Joël Trolliet secrétaire général prend connaissance des dossiers retenus
et se demande comment faire place à la centaine
de nouveaux venus toutes sections confondues qui a été sélectionnée ! 
50 élus, pour 350 éliminés, bien sur beaucoup de sensibilité exprimée, de souffrances  entrevues à la lecture des dossiers, quand d’autres œuvres jugées déjà faites et par trop manufacturées ne sont pas retenues ; il reste alors une interrogation sur la violence même de notre jugement, c’est la vie des jurys, c’est l’avis des jurys, c’est l’avis d’un jury…


Louis Nallard, 93 ans est toujours attentif au maintien de l’identité du Salon…
Il a participé à tous les salons depuis 1948 !
Un bloc d’histoire de Auguste Herbin à aujourd’hui !