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lundi 21 novembre 2011

Béatrice Bonnafous, les Intouchables, Life Lessons et la Métamorphose des Cloportes



Après Christophe Cusson (RN 2011), c’est au tour de Béatrice Bonnafous (RN 2010) d’avoir les honneurs de l’émission Thé ou Café sur France 2.



Ses œuvres matiéristes et solaires sont présentées  longuement au spectateur alors que la mezzo-soprane Béarice Uria Monzon est interviewée par Catherine Ceylac qui, comme nous le savons, a une véritable passion pour l’art et la peinture en particulier : une attitude exemplaire et rare dans le monde des médias audiovisuels bien éloignée des caricatures de l’Art Contemporain que véhicule les films : Intouchables ou le Pire Cauchemar. Gros succès consensuel avec plus de 6 millions d’entrées, le film « les Intouchables » que l’on ne présente plus comporte deux scènes de négociations de tableaux abstraits. Dans les salles du Trocadéro évoquant une grande galerie d’art contemporain, Omar Sy (l’aide soignant) se révolte contre le prix abracadabrantesque à ses yeux d’une tache rouge  en diagonale sur fond blanc. « Vous allez pas acheter cette croûte, la !... 30000 Euros !... Le mec il a saigné du nez sur un fond blanc et il demande trente mille euros ! »  lâche-t-il à François Cluzet riche tétraplégique dont il s’occupe et qui va acheter la toile.


Dans la seconde scène, le même personnage se met à peindre à la manière d’un Basquiat de banlieue parisienne… Cluzet négocie le prix de la toile en escroquant un ami qui s’en amuse. Dans "Mon Pire Cauchemar", autre film sur les écrans actuellement, rebelote dans l’incompréhension entre Benoît Poolvorde, l’homme du peuple face aux choix esthétiques d’une Isabelle Huppert, directrice improbable d’une grande galerie d’art évoquant  la fondation Cartier…

L’art contemporain fait toujours mauvais ménage avec le cinéma français et ce depuis de nombreuses années… Ce qui n’est pas le cas dans le cinéma américain, ou l’on trouve de « magnifiques » tableaux dans les belles villas californiennes ou dans les lofts New-Yorkais comme dans "Life Lessons" (1989) de Martin Scorsese !

Cependant une des meilleures et des plus drôles caricatures de l’Art et de son milieu se trouve dans un film français un peu oublié : La Métamorphose des Cloportes (1965), de Pierre Granier-Defferre, dialogue de Audiard… film adapté du roman éponyme d’Alphonse Boudard (1961). On y voit la transformation d’un receleur joué par Pierre Brasseur, Tonton brocanteur aux puces devenu un très grand marchand de tableaux d’art abstrait. Après 5 ans de prison, Lino Ventura, un petit voleur de tableaux vient chercher son fric et sa vengeance pendant un vernissage...  Nous sommes en 1964 et l’on reconnaîtra de nombreuses œuvres des Réalités Nouvelles de ces années-là accrochées au mur et dans le jardin… Des sculptures d’Henry Moore (?) entre autre en début de séquence… Bon jeu de reconnaissance …  ah oui ! j’oubliais Ventura devient galeriste… et pour ce prend de savoureuses leçons figuratives de vocabulaire de 1965 avec Cat la gérante mutine de la galerie d’art : « Oublie le mot dessin, chéri, il est complètement anachronique, parle de graphisme, de modelé, ou de mise en condition de l’objet, je préfère … et puis… n’emploie jamais non plus le mot de coloris mon amour,… parle de chromatisme, de matité, de rythme ».
Car comme le dit Tonton à Alphonse : "Au niveau de l'arnaque, les coups les plus tordus ne sont rien comparés à la peinture abstraite !".