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mardi 12 juin 2012

Dan Hill, peintre


Modern Grid impression numérique 2009
Modern Grid Impression numérique 2009

Pouvez-vous décrire brièvement votre travail ? 
Can you briefly describe what you do ?

DH : Ce que je fais et ce que je suis – au sens où comment je me pense et comment s'établit mon rapport au monde – peut sembler très différent.  Tout compte fait,  je me pense peintre, bien que je n’ai pas touché un pinceau depuis 10 ans. J’utilise des appareils photos et des technologies digitales pour faire des images mais je ne suis pas un photographe. L’histoire de ce medium est importante mais elle n’est pas centrale dans mon travail.

DH: What I do and what I am—in the sense of how I think of myself and my place in the world—might appear to be very different. At the end of the day, I think of myself as a painter, though I haven’t picked up a brush in ten years. What I do is use cameras and digital technology to make images, but I’m not a photographer. The history of that medium has significance that is not central to what I do.

Qu'est-ce qui vous motive pour créer ? 
What drives you to make work ?

DH : Bien que mon travail soit soigneusement travaillé, je pars de mon intuition. Chaque action est une hypothèse, je développe un sens plus qu’une action, l’interaction ou la synthèse vont apporter quelquechose d’inattendue et de transitoire, dans lequel le tout est différent de la somme des parties. Comme la plus part des artistes, je veux savoir ce qui va arriver si …

DH: Despite my work being tightly crafted, I work from my intuition. Every action is a speculation. I develop a sense that an action, interaction or synthesis will bring about something unexpected and transitory, in which the whole is other than the sum of the parts. Like most artists, I want to find out what will happen if…

Pouvez-vous nous parler de votre pratique au jour le jour ?
Can you tell me something of your day-to-day practices ?

DH : J’aimerai bien avoir une pratique régulière. Mon temps est très fragmenté par de multiples obligations aussi j’ai du trouver une façon de travailler pour mener de front ces demandes concurrentes. J’essaie d’avoir un appareil photo en permanence sur moi. Quelques fois c’est juste mon Iphone et j’en tire le meilleur parti. Cela prend souvent des mois ou plus avant que je ne travaille avec les images prises. Je ne sais pas toujours ce que je ferai d’elles au moment de leur prises de vue. Souvent, j’ai besoin de les regarder sur une longue période avant de connaître leurs potentiels. Dès que je commence à piocher dedans, je travaille sur l’ordinateur et je fais de nombreux tirages, collages, re-photographies, etc…
DH: I wish I had a day-to-day practice. My time is very fragmented by multiple obligations so I’ve had to find a way of working that can survive those competing demands. I try to have a camera with me at all times. Sometimes it’s just my iPhone and I make the most of it. It usually takes several months or longer before I work with the images I gather. I don’t always know what I’ll do with them at the time they’re taken. Often, I need to look at something over a long period of time before I have a sense of its potential. Once I start digging into it, I’m working on the computer and making lots of prints, collaging, re-photographing, etc.

Depuis quand travaillez-vous de cette manière? 
How long have you been working in that way ?

DH : Je n’ai pas commencé le jour où j’ai arrêté de peindre. Je me suis battu un temps cherchant une méthode pour remplacer la routine de l’atelier. Je crois que cela a du se passer en 2005 ou 2006 quand j’ai commencé à trouver des façons d’utiliser les technologies photographiques et digitales  comme éléments d’un processus intuitif.

DH: It didn’t start the day I stopped painting. I struggled for a while to find a working method to replace the routine of studio painting. I think it must have been 2005 or 2006 when I started to find ways to use photographic and digital technology as part of an intuitive process.

Quels sont les artistes qui vous ont le plus influencés ? 
Which artists have had the greatest affect on your work ?

DH : C’est une question difficile. Il y en a tant. Ellsworth Kelly—particulièrement ses années en France—Robert Irwin, Michael Snow, Mary Miss, Nancy Holt, David Novros,  les architectes Baroque Francesco Borromini, Guarino Guarini et Balthasar Neumann, Michel-Ange da Caravaggio, que je considére comme le premier peintre moderne, Claude Monet, El Lissitzky, László Moholy-Nagy, Ad Reinhardt.
La scène contemporaine est différente. Les histoires sont en cours de réécriture éclairant des artistes négligés. Mais à l’époque où ma sensibilité à commencer à se développer,  ce sont quelques uns de ceux qui ont eu un grand impact sur ma pensée.



Room 501 impression numérique  2012

DH: That’s a tough one. There are so many. Ellsworth Kelly—especially his early years in France—Robert Irwin, Michael Snow, Mary Miss, Nancy Holt, David Novros,  the Baroque architects Francesco Borromini, Guarino Guarini and Balthasar Neumann, Michelangelo da Caravaggio, whom I think of as the first modernist painter, Claude Monet, El Lissitzky, László Moholy-Nagy, Ad Reinhardt. The contemporary scene is quite different and histories are being rewritten bringing many overlooked artists to our attention. But at the time that my sensibilities were beginning to develop, these were some of the people who had the greatest impact on my thinking.

Qu'est ce qui en dehors des arts visuels fait évoluer votre travail ?
What outside of visual art informs your practice ?

DH : Le champ des arts visuels est si vaste. Mais en dehors des traditionnels Beaux-Arts, je suis influencé par les textiles, l’architecture, le dessin paysager et le cinéma. Je suis entré au lycée en mathématiques appliqués, puis j’ai passé mon Bac artistique avec une option mathématique et j’étais très interressé par les sciences. Tout cela m’a influencé, mais n’a jamais été le sujet de mon travail. Je suis plus intéressé par la méthode employée et la nature spéculative de la tentative.  Je suis aussi très influencé par la musique, en partie pour ses relations avec les mathématiques et la physique, mais plus encore pour sa capacité à impacter directement la psyché comme le meilleur art abstrait fait.

DH: The visual arts are quite vast. But outside of the traditional fine arts, I’m influenced by textiles, architecture, landscape architecture and film. I entered college as an Applied Math major, came very close to completing a B.A. in Mathematics and was also interested in science. All of that influences me, but it is never the subject of my work. I’m more interested in the method employed and the speculative nature of the endeavor. I’m also very influenced by music, partly due to its connection to mathematics and physics, but more so because of its ability to directly impact the psyche in a way that the best abstract visual art does.

Comment souhaitez-vous que le public recoive votre travail ? 
How would you like people to engage with your work ?

DH : Comme ils peuvent. Je n’ai pas de recette particulière. Mon travail  concerne les limites de sa propre compréhension de quelque chose ; ce qu’elle est, comment elle se lie au spectacteur et, par conséquent, ce qu’il pourrait signifier. Il s’agit de questionnement et d’interrogation.

DH: Any way they can. I don’t prescribe a method of engagement. My work is about coming to terms with one’s own understanding of something; what it is, how it relates to the viewer, and, thereby, what it might mean. So it’s about questioning and wondering.

Qu'est ce qui vous passionne actuellement ? 
Have you seen anything recently that has made an impression ?

DH : Dernièrement, j’ai passé beaucoup de temps sur des projets qui concernent des groupes d’artistes. Comme membre de American Abstract Artists (AAA), j’ai coordonné un projet de porto folio  imprimé qui doit être publié pour célébrer le 75 éme anniversaire de la fondation du groupe. Cela a pris trois ans à développer. Il est maintenant en production. Parce que l’impression devaient être numérique, cela a levé beaucoup de questions parmi les membres sur l’authenticité du procédé. La question de la nature de l’impression numérique était passionnante et a influencé mon travail de ces dernières années. A travers le projet du porto folio, j’ai eu la possibilité de travailler de manière proche avec beaucoup des 47 participants et quelques-uns de ces travaux se sont développés dans des projets de collaboration secondaire.
Résultat de la récente exposition chez ParisCONCRET, je sélectionne une exposition pour cette galerie qui aura lieu du 16 Juin au 7 Juillet de cette année. Elle s’intitule Raisonnement circulaire et repose sur l’idée que j’ai depuis deux ans pendant laquelle j'ai patiemment construit une liste d’artistes. Je suis heureux d’avoir l’occasion de la réaliser. L’exposition présente les travaux de 10 artistes qui emploie le cercle comme forme premiére et générative. Depuis les années 60 le cercle n’a pas retenu autant l’attention que le carré ou la grille bien qu’il se rapporte directement à eux dans le monde naturel. L’organisation des solides de Platon et d’Archiméde ainsi que certaines formes singuliéres sont fondées sur l’empilement de sphéres égales. Je suis impatient de voir tous les travaux ensembles.
   
DH: Lately, I’ve been spending a lot of time on projects that involve groups of artists. As a member of American Abstract Artists (AAA), I have been directing a print portfolio project to be published later this year to celebrate the 75th anniversary of the group’s founding. It has been about three years in development and is now in production. Because the prints were to be digitally produced, it raised many questions among the membership about the authenticity of the process. This questioning of the nature of the digital print was of interest to me and influenced the work that I have done in the past few years.  Through the portfolio project I’ve had the opportunity to work closely with many of the forty-seven participants and some of that work is developing into collaborative side projects.

As a result of the recent AAA exhibit at ParisCONCRET, I am curating an exhibition for the gallery that will be on view from the 16th of June until the 7th of July of this year. It’s titled Raisonnement circulaire and is based on an idea I’ve had for almost two years, during which I had been quietly building a list of artist. It’s great to have the opportunity to bring it to fruition. The exhibit includes work by ten artists who employ the circle as a primary and generative form. From the 1960’s onward, the circle hasn’t received as much attention as the square or the grid, though it relates to them directly in the natural world. The tessellation of certain Platonic and Archimedes solids as well as their individual forms are based on the close-packing of equal spheres. I’m looking forward to seeing all of the work together.

 
Dans quel sens selon vous doit évoluer l'art abstrait ?
In your opinion, what should be the future evolution of abstract art ?

 
DH: L’abstraction est un processus de pensée qui n’est ancré à un support particulier ou à une méthode. Tout travail est un dialogue entre une idée, un medium, une méthode et un contexte. Mais une idée, comme l’abstraction, est fluide et ne peut être lié a un ensemble singulier de mediums ou de formes. Il se manifeste différemment dans chacune de ses conditions. Aussi l’idée de l’abstraction doit être exploré de manière plus générale. Mais c’est déjà ce qui se passe. Seulement ce travail doit être compris comme abstraction. La diversité des résultats doit être saisie si l’abstraction veut demeurer pertinente et ne pas être vu comme une aberration historique.
Un autre obstacle pour l’abstraction est l’orthodoxie qui place une frontière entre abstraction et figuration. Je n’ai jamais pensé que c’était une évidence. Quel est le rôle de l’illusion d’optique dans le travail qui est considéré comme de l’abstraction non-objective ? Quand une illusion est-elle une expérience partagée ? Peut-elle être immédiate ou indirecte. Je suis intéressé par tracer la zone que forment la dénotation et le déni. Vous ne pouvez en déplacer quoi que ce soit à partir de son centre.

DH: Abstraction is a thought process that is not anchored to any particular medium or method. All work is a dialog between an idea, a medium, a method and a context. But an idea, such as abstraction, is fluid and can’t be tied to a particular set of mediums or forms. It manifests itself differently within each condition. So the idea of abstraction needs to be explored more broadly. But that’s already happening. That work just needs to be understood as abstraction. The diversity of outcomes needs to be embraced if abstraction is to remain relevant and not appear to have been an historical aberration.

Another obstacle for abstraction is an orthodoxy that places a firewall between abstraction and representation. I’ve never thought that it was particularly clear-cut. What is the role of illusion within work that is considered to be abstract of non-objective? When is an illusion a mediated experience? Can it be immediate or non-mediated. I’m interested in riding the edge between the referential and the non-referential. You can’t move anything from its center.
Untitled - impression numérique 2012